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  Fukushima, le début de la fin

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MessageSujet: Fukushima, le début de la fin   Mer 22 Fév - 17:13

Le 30 novembre 2011, TEPCO a rendu public les analyses concernant le corium, déclarant que, dans le pire des cas, toutes les barres de combustible du réacteur n°1 pourraient avoir fondu et se retrouver au fond de l'enceinte de confinement, laquelle est recouverte d'une plaque d'acier qui pourrait avoir été érodée a une profondeur de 65 cm, (vidéo) et il ne resterait que 37 cm à traverser pour atteindre la « feuille de métal ». lien (Rappelons qu'à Tchernobyl, la dalle de béton avait 1 mètre d'épaisseur. lien)

Ensuite, que va-t-il se passer ? bien malin qui pourrait le dire, mais il est probable qu'il sera difficile de donner de bonnes nouvelles.

Si, comme à Tchernobyl, un serpentin de refroidissement avait été installé sous la plaque de béton du réacteur, au mépris du danger couru par les milliers de mineurs au travail, lesquels avaient creusé un tunnel pour permettre la pose de ce serpentin, il est possible qu'une partie du danger aurait pu être évitée, mais ce n'est pas le cas, et le pire est logiquement devant nous.

D'après l'association « Union de Tchernobyl » 10 ans après la catastrophe, plus des 20 000 hommes de 30 à 40 ans ayant participé au chantier après l'accident, étaient morts de l'exposition aux radiations.

Sur les 400 kg de plutonium qui étaient dans le réacteur de Tchernobyl, on estime que près de 100 kg ont été rejetés dans l'environnement, et l'on sait qu'un microgramme de plutonium est une dose mortelle pour un homme pesant 70 kg. lien (à Fukushima, il y a 68 tonnes de combustible nucléaire dans le réacteur n°1).

Mais revenons à Fukushima : dans cette vidéo, le détail des explosions des premiers jours.

Rappelons qu'aucun français n'a été invité le samedi 12 novembre à Fukushima, et que la seule présence française consistait en un drapeau qui flottait non loin de l'installation de « décontamination de l'eau » qui est loin d'être probante, alors qu'elle devait être terminée avant la fin de l'année.

D'après Tetsuya Terasawa, porte parole de TEPCO, il y a encore 40 000 tonnes d'eau au fond du bâtiment du réacteur (photo), et 90 000 tonnes d'eau, nettoyées d'après TEPCO, sont stockées dans de grands réservoirs de 12 mètres de hauteur. lien

Il nous faudra donc nous contenter de l'article écrit par le journaliste du « New York Times », Martin Falker, en se souvenant que les conditions de « visite » étaient particulièrement surveillées.

Celui-ci rappelait que le Ministre Goshi Hosono chargé de la catastrophe, avait confirmé que le chantier allait se poursuivre pendant encore 30 ans, espérant un « arrêt à froid » en fin d'année, (lien) sans expliquer pour autant comment il pourrait parvenir à l'arrêt à froid du corium ?

Depuis les mensonges à répétition des exploitants de la centrale, leur crédibilité est largement entamée et aux dernières nouvelles, on apprenait le 1er décembre 2011 qu'un incendie se serait déclaré dans le bâtiment n°3. lien

En France, jamais à l'abri d'une outrance, Eric Besson, Ministre de l'industrie à accumulé les contre vérités lors du débat qui l'a confronté à la candidate écologiste présidentielle le 29 novembre 2011 sur l'antenne d'Europe 1. vidéo

Arlette Chabot et Michael Darmon qui animaient le débat, n'ont pas bougé le moindre petit doigt pour rectifier la vérité : il aurait suffit qu'ils potassent un peu le sujet avant de recevoir les belligérants, car laisser dire sans broncher qu'en France on paye l'électricité le double de celle des allemands relève de la faute professionnelle.

Heureusement, mais trop tard, d'autres journalistes ont donné des informations plus sérieuses, rappelant que la différence n'était pas du double mais seulement du quart. lien

Cette différence ne va pas durer trop longtemps puisqu'il va bien falloir approvisionner les caisses en vue du démantèlement des centrales nucléaires françaises.

Rappelons que celui de « super » Phénix était estimé à 900 millions et qu'il coutera au moins 10, voire 20 fois plus. lien

Le démantèlement des autres étant estimé à 260 millions, et si la même approximation est faite, on comprend aisément qu'il faudra bien plus approvisionner et que le tarif du prix de l'électricité s'en ressentira.

Et puis, il faudra bien payer pour la gestion des déchets, et si pour l'instant 35 milliards d'euros ont été engloutis pour le site d'enfouissement de Bure, il n'y a, à ce jour, aucune solution acceptable, si l'on veut bien respecter les générations futures. lien

On se souvient aussi qu'en mars 2011 le même Eric Besson avait démenti toute hausse prochaine des tarifs (lien) ; Quelques mois après l'électricité augmentait de 3,4%, et d'après Pierre Gadonneix, l'ex patron d'EDF, il faudrait augmenter le prix d'au moins 20%.

D'ailleurs, l'autocrate présidentiel reconnaissait le 25 novembre 2011 que l'on ne payait pas l'électricité nucléaire à son prix réel. lien

Jamais à l'abri d'un dérapage, Besson se flattait de l'investissement français dans les énergies propres, oubliant étrangement les milliers d'emplois sacrifiés par l'Etat dans le domaine photovoltaïque, suite au gel récent des projets. lien

Le cocorico de Besson n'était pas non plus justifié sur le dossier éolien offshore, puisque l'on sait que notre pays est le cancre européen en la matière, comme on peut le découvrir sur ce lien.

Seule Eva Joly a dégainé quelques vérités, comme par exemple lorsqu'elle a expliqué que rester dans le nucléaire couterait plus cher que d'en sortir, et que tourner la page nucléaire serait créateur de milliers d'emplois. lien

Le seul développement de l'éolien off-shore sera, selon le rapport de l'EWEA, créateur de près de 170 000 emplois d'ici 2020, et 300 000 emplois d'ici 2030. lien

Le démantèlement des 48 réacteurs sera aussi créateur d'emplois, puisqu'on sait déjà qu'a Malville, « Superphénix » le démantèlement procure depuis 14 ans du travail à 500 travailleurs, et il y a encore du boulot pour au moins 10 ans, (lien) ce qui signifie que le démantèlement des 19 centrales pourrait employer près de 10 000 travailleurs.

Quand aux projets présidentiels, qu'ils soient de l'EPR ou d'ITER, ils posent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent.

L'EPR finlandais connait déjà un dépassement de près de 4 milliards d'euros, (lien) à la charge de l'Etat français, et pose aussi des problèmes de sécurité. lien

De toute façon, celle des français est déjà menacée, et si l'on ouvre ce lien, on découvre quel est le danger qui menace chacun de nous.

Au sujet d'Iter, s'il faut en croire le physicien Jean Pierre Petit, accompagné de Michèle Rivasi, des phénomènes inquiétants pourraient se produire à l'intérieur du plasma où la fusion devrait s'opérer, genre « coups de foudre » de 15 millions d'ampères, avec les conséquences que l'on imagine : dissémination catastrophique de tritium, de plomb, de béryllium... vidéo

Ce projet dangereux qui vient de passer de 5 à 15 milliards fait plutôt mauvais genre dans une Europe couverte de dettes (lien) mais comme dit mon vieil ami africain : « la Terre est ronde mais les fous sont dans les coins ».

Auteur de l'article: Olivier Cabanel
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