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 Emplois fictifs. Deux proches de Marine Le Pen, dont un ex-élu de Seine-Maritime, en garde à vue

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MessageSujet: Emplois fictifs. Deux proches de Marine Le Pen, dont un ex-élu de Seine-Maritime, en garde à vue   Sam 25 Fév - 14:24

Le garde du corps et la cheffe de cabinet de Marine Le Pen ont été placés en garde à vue, mercredi 22 février 2017, soupçonnés d’emploi fictif au Parlement européen. Précisions.
Après François Fillon, Marine Le Pen est à son tour empêtrée dans une affaire d’assistants parlementaires en pleine campagne présidentielle : son garde du corps, ancien élu de Seine-Maritime, et sa cheffe de cabinet étaient en garde à vue, mercredi 22 février 2017, dans le cadre d’une enquête sur des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen. La candidate du Front national à l’Elysée, en tête dans les sondages pour le premier tour, a aussitôt dénoncé une « cabale politique ».
Les Français savent exactement faire la différence entre les vraies affaires et les cabales politiques. Ils le savent pertinemment », a-t-elle déclaré en marge d’un déplacement en Seine-et-Marne, dans une allusion directe à l’enquête qui vise le candidat de la droite sur des soupçons d’emplois fictifs de son épouse, Penelope Fillon, et de ses enfants, lorsqu’il était député et sénateur.
Marine Le Pen pourrait être visée directement
Dans l’affaire qui embarrasse la présidente du FN, plus ancienne que celle qui empoisonne depuis un mois la candidature de François Fillon, les enquêteurs se posent une question simple : le parti d’extrême droite a-t-il mis en place un système pour que le Parlement européen prenne en charge, via des contrats d’assistants parlementaires, des salaires de cadres ou d’employés du mouvement en France ?

Le garde du corps de Marine Le Pen, Thierry Légier, et sa cheffe de cabinet, Catherine Griset, étaient entendus depuis mercredi matin à Nanterre, par les policiers de l’Office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff), sous l’autorité des juges d’instruction du pôle financier, saisis par le parquet de Paris depuis décembre. À l’issue de leur garde à vue, qui peut durer jusqu’à 48 heures, ils peuvent soit repartir sans être poursuivis à ce stade, soit être présentés à la justice en vue d’une éventuelle mise en examen. La candidate à la présidentielle pourrait également être visée par les investigations, car M. Légier et Mme Griset étaient salariés comme ses assistants au Parlement européen.

Recouvrements
Les cas des deux assistants frontistes, salariés en 2011 pour Thierry Légier, et de 2010 à 2016 pour Catherine Griset, ne sont pas les seuls visés par les juges d’instruction, mais le Parlement européen les considère suffisamment établis pour avoir réclamé à Marine Le Pen un total de 339 946 euros de salaires, qu’il considère indûment versés. En l’absence de remboursement de la présidente du FN, l’assemblée européenne devait commencer, mi-février, à recouvrer ces sommes en amputant de moitié l’indemnité de Marine Le Pen. Son avocat, Marcel Ceccaldi, avait annoncé un recours contre ce recouvrement.

L’enquête judiciaire ouverte en France est plus large. Avant de confier le dossier aux juges d’instruction, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en mars 2015, après avoir été saisi par le président du Parlement européen de l’époque, le socialiste Martin Schulz, dans la foulée des élections européennes de mai 2014. Avec plus de 25% des suffrages, le FN avait remporté ce scrutin en France, envoyant 24 élus au Parlement de Strasbourg.

Payés par le Parlement à travailler pour un parti
À l’époque, les soupçons portaient sur les conditions dans lesquelles étaient employés et payés 20 assistants d’eurodéputés frontistes, car leurs noms apparaissaient aussi sur le dernier organigramme du parti en France. Ces doubles inscriptions laissaient supposer que les personnes pouvaient être affectées à d’autres tâches que le travail parlementaire tout en étant rémunérées par les fonds européens.

On ne peut pas être payé par le Parlement européen et travailler pour un parti, avait résumé Martin Schulz.
Dans un courrier à la garde des Sceaux française de l’époque, Christiane Taubira, Martin Schulz évaluait « la masse salariale globale » de ces 20 assistants à 1,5 million d’euros par an, soit 7,5 millions pour la durée d’une législature. Depuis, certains des assistants ont quitté leurs fonctions ou changé d’élu. L’information judiciaire est ouverte pour des délits présumés d’abus de confiance et recel, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux, et travail dissimulé.
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